3 stratégies d’apprentissages pour apprendre efficacement

Quelles sont les bonnes stratégies d’apprentissage à mettre en place ?

On confond souvent méthodes et stratégies d’apprentissage, alors qu’elles n’agissent pas de la même manière. Les méthodes, c’est ce que l’on met en place pour travailler avec les bons outils : des fiches, l’environnement de travail, les outils ou les habitudes. Elles mobilisent le corps, les émotions, l’organisation. Les stratégies, elles, se passent dans la tête. Ce sont des gestes mentaux qu’on active pour faciliter l’apprentissage. Or, dans l’enseignement comme dans les conseils qu’on donne aux élèves, on insiste beaucoup sur les méthodes et très peu sur les véritables stratégies. Pourtant, ce sont elles qui permettent de transformer une information en véritable connaissance. Enseignants et parents, cet article est fait pour vous afin d’apporter une autre dynamique aux cours dans les établissements scolaires et au temps des devoirs à la maison !

L’importance des stratégies d’apprentissage dans la réussite scolaire

Non, l’intelligence n’est pas quelque chose que l’on possède ou non à la naissance. Elle n’est pas innée, elle se construit, elle se développe. C’est même l’un des fondements des sciences cognitives aujourd’hui : la plasticité cérébrale. Cela veut dire que notre cerveau évolue tout au long de notre vie, en fonction de ce que nous vivons et de ce que nous apprenons au quotidien.

Alors, si on peut tous apprendre, pourquoi certains élèves réussissent mieux que d’autres ? C’est une question que l’on me pose souvent. La réponse se trouve souvent d’une part du côté des profils cognitifs, et d’autre part du côté des stratégies d’apprentissage utilisées. Et bonne nouvelle : ces stratégies ne sont pas réservées à quelques « bons élèves ». Elles peuvent s’apprendre, se comprendre, et surtout s’activer au bon moment. Il suffit juste de savoir comment faire. 

Comprendre, mémoriser, réfléchir : voilà les trois gestes mentaux essentiels pour apprendre efficacement. Ce sont les trois piliers de tout apprentissage réussi. Encore faut-il savoir les utiliser correctement. Et oui, on ne retient pas mieux en essayant de tout faire en même temps : notre cerveau n’est pas multitâche ! Lire une leçon, tenter de la comprendre, essayer de la retenir et anticiper les questions du professeur, tout ça en une seule lecture ? C’est surtout fatigant et inefficace.

La clé, c’est de poser une intention claire à chaque étape :

➡️ Je cherche à comprendre ? Je m’autorise à ralentir, à reformuler, à faire des liens.

➡️ Je veux mémoriser ? Je me concentre sur des techniques adaptées, comme les cartes mentales ou la répétition espacée.

➡️ Je réfléchis ? Je prends du recul, je me questionne, j’applique.

groupe d'enfants rassemblés autour de l'enseignant en train de les encourager pour leur réussite à l'école

En adoptant ces bonnes stratégies, le travail de chaque élève devient plus efficace, le temps est mieux utilisé et, en plus, l’élève gagne en confiance, donc en autonomie. Il se sent efficace et compétent : quoi de mieux pour lui donner envie d’apprendre !

➡️ Verbaliser en toutes circonstances : un pilier pour apprendre durablement

Avant de vous parler des stratégies fondamentales à connaître pour apprendre efficacement, il est essentiel de partager avec vous le pilier de toutes ces stratégies, sinon ce serait comme bâtir une maison sans fondation.

Le levier universel de l’apprentissage, c’est la verbalisation. J’entends par là le fait de dire précisément, et avec ses propres mots, ce que je touche, ce que j’entends, ce que je vois. Cette verbalisation est une parole consciente, pour soi, qui fait le lien entre le corps et l’esprit. Car apprendre n’est pas une tâche mécanique et vide de sens. Apprendre est un acte qui revêt une réalité profondément sensée, nourricière et structurante !

Trop de gens comprennent la verbalisation comme le fait de donner plus d’explication aux apprenants, à voix haute. Or la parole consciente consiste à s’entendre parler pour nommer et reformuler. Ainsi, c’est l’apprenant lui-même qui se parle à voix haute, pour dire ce qu’il a entend, voit ou touche.

Cette parole « pour soi » a sa place dans toutes les étapes de l’apprentissage, avant, pendant et après. Quand vous découvrirez les trois stratégies pour apprendre avec efficacité, gardez en mémoire que la verbalisation, consciente et personnelle, est toujours le levier central de l’étape en cours.

Les 3 stratégies d’apprentissage à connaître pour apprendre à apprendre

Avant de parler de stratégies d’apprentissage, il y a une étape que l’on ne peut pas sauter : l’attention. Sans elle, aucune méthode ni stratégie, ne fonctionne vraiment. Mais alors, comment faire pour rester concentré ? La première astuce, c’est de se fixer une cible claire : un objectif simple et précis. Le cerveau a besoin de savoir exactement ce que l’on veut faire, sinon il se disperse. Plus la cible est nette, plus il est facile d’y placer son attention et d’y revenir si elle s’échappe.

On ne peut pas être sur plusieurs choses à la fois. Être attentif à tout, c’est être attentif à rien.

Vous avez sans doute remarqué qu’il est plus facile de rester concentré longtemps devant une série ou un jeu vidéo. Ce n’est pas parce que le cerveau est paresseux, mais parce que la cible (l’intention) est claire et stimulante. L’effort, en réalité, vient souvent de la lutte entre plusieurs intentions : apprendre une leçon ou regarder ton téléphone.

Être attentif, ce n’est pas juste regarder ou écouter : c’est se connecter activement à ce que l’on fait. Et ça, c’est le point de départ de toute stratégie efficace. Alors, restez concentré et lisez la suite 😉.

➡️ 1 - Comprendre est la première étape pour apprendre

Comprendre, c’est ce qui donne du sens à l’apprentissage. C’est la toute première marche à franchir avant de pouvoir mémoriser ou réfléchir. Sans cette étape, les informations restent en surface, difficiles à retenir et impossibles à réutiliser. Pour un élève comme pour un adulte, apprendre sans comprendre revient à avancer sans but. 

Concrètement, comprendre, c’est établir un lien entre ce que l’on découvre et ce que l’on connaît déjà. C’est réussir à organiser les informations dans sa tête de façon cohérente et, pour cela, une méthode simple mais puissante consiste à se faire une image  (ou un film) mentale. Transformer une idée abstraite en représentation visuelle permet au cerveau de mieux la traiter. On peut imaginer cette image dans notre tête, mais aussi la dessiner : faire un schéma, un croquis ou une carte mentale est une façon très efficace de clarifier une notion. Et pas besoin de savoir dessiner pour ça : faites simple. 

Cette stratégie s’appuie sur ce que l’on appelle le double codage. Lorsque le cerveau traite une information à la fois par le langage et par l’image, la compréhension devient plus profonde. Cela permet non seulement de mieux intégrer le sens, mais aussi de préparer la mémorisation.

Il arrive pourtant que la compréhension soit bloquée. Cela peut venir d’un vocabulaire trop complexe ou d’un enchaînement d’idées trop floues. Dans ces cas, deux techniques vont vous aider :

  • lire à voix haute le texte qui pose des difficultés et le reformuler avec ses propres mots
  • dessiner ce que l’on cherche à comprendre, même de manière très simple, permet souvent de lever les obstacles. Une flèche, une bulle, un symbole : schématiser, c’est la clé !

Apprendre à comprendre, c’est une vraie stratégie d’apprentissage à mettre en place, et un geste mental actif, qui nécessite un objectif clair. Une fois ce cap franchi, il devient bien plus facile de mémoriser, puis de réfléchir. Les trois stratégies fonctionnent ensemble, mais tout commence par là : voir clair dans ce que l’on apprend.

➡️ 2 - Apprendre à mémoriser, une vraie stratégie d’apprentissage à mettre en place

Une fois la compréhension bien installée vient l’étape essentielle de la mémorisation. Ce n’est pas simplement retenir une information, mais surtout la transférer efficacement de la mémoire à court terme (celle qui accueille ce qu’on vient de lire ou d’entendre) vers la mémoire à long terme, où elle pourra être conservée durablement. La mémoire à court terme est très limitée : elle se fatigue vite si elle doit gérer trop d’informations simultanément. D’où l’importance d’automatiser certains savoirs, comme des tables de multiplication ou des règles de grammaire, afin de libérer de la place pour d’autres apprentissages.

Mémoriser, c’est surtout un processus actif. Passer les yeux sur une page ou écouter passivement ne suffit pas. Il faut s’entraîner à «mettre dans sa tête» l’information en créant une représentation mentale claire : une image, un son, une sensation. Cela aide à activer les neurones et à ancrer les connaissances.

👉 Pour s’entraîner, voici un petit jeu à essayer :

Choisir 12 mots à mémoriser (cela peut être des mots en anglais, des dates historiques ou des notions clés). Puis, en une minute, essayer de retenir un maximum de mots selon trois méthodes différentes :

  • Avec une première liste, répéter les mots plusieurs fois dans sa tête, comme un mantra.
  • Avec une deuxième liste, se faire une image mentale pour chaque mot, visualiser clairement ce que le mot évoque.
  • Avec une troisième liste, associer ces images entre elles en imaginant une petite histoire qui les relie — une sorte de mini-film mental.

Les gens qui se prêtent au jeu arrivent quasiment tous à la conclusion suivante : la répétition seule est moins efficace que l’association d’images et la créativité. La mémoire adore quand on l’implique de manière ludique et multisensorielle. Vous avez essayé ? Quel est votre ressenti après ce test ?

Deux garçons autour d'une table en train de jouer à un jeu de mémorisation pour s'amuser et progresser dans leur faculté de mémoire

Pour réussir à mémoriser durablement, il est aussi conseillé de :

  • revenir plusieurs fois sur les informations, en espaçant les révisions, et de se tester régulièrement pour vérifier ce qui est bien acquis. Parce que le cerveau élimine ce qu’il n’utilise pas, mémoriser durablement ne peut se faire qu’en étant actif dans son cerveau : visualiser, associer, redire intelligemment.
  • associer le corps lors des temps d’intégration, en mettant du mouvement, avec un objet par exemple ou se mettant sur une planche d’équilibre. Etre actif physiquement sollicite le cervelet, carrefour entre le corps et le cerveau supérieur. 

➡️ 3 - Faire évoluer sa réflexion pour mieux apprendre

Un apprentissage n’est vraiment réussi que lorsqu’il permet de réfléchir sur le sujet de manière rapide et autonome. C’est le moment où l’on peut utiliser ce que l’on a compris et mémorisé pour répondre à une question et résoudre un problème. Mais attention : impossible de réfléchir efficacement sans une base solide. La réflexion s’appuie toujours sur la compréhension et la mémorisation. Pas de raccourci possible. Un cerveau ne peut pas faire tourner une machine vide, il lui faut du carburant : des idées claires et bien rangées ! 

Apprendre sans réfléchir est vain, réfléchir sans apprendre est dangereux

Confucius

Alors, comment bien réfléchir ? Cela repose sur 4 grandes étapes mentales :

  • Se poser des questions : de quoi s’agit-il ? Comment ça fonctionne ? 
  • Explorer les réponses possibles : faire des hypothèses, tester des idées, comparer.
  • Évaluer ce qui est pertinent : éliminer ce qui ne colle pas, garder l’essentiel.
  • Synthétiser : tirer une conclusion, résumer, ou appliquer à une situation nouvelle.

Cette démarche ne se fait pas toute seule. Elle s’entraîne. Et une bonne manière de la développer, c’est d’introduire des moments de devinettes au quotidien. Vous pouvez faire ce type de jeu avec vos enfants pour les inciter à réfléchir, voici quelques idées de questions ludiques : 

  • «Je suis toujours avec toi, mais tu ne peux jamais me voir. Qui suis-je» (L’ombre)
  • « Qu’est-ce qui va du haut vers le bas en restant toujours au même endroit ?» ( Les escaliers)
  • «Je suis presque invisible, mais je peux te faire éternuer. Qui suis-je ?» (La poussière / Le pollen)

Autant d’exemples de petits jeux qui obligent à mobiliser les connaissances, à reformuler mentalement, et à trier les réponses possibles. Tout simplement : à réfléchir activement.

Réfléchir, c’est plus qu’un simple «plus» dans l’apprentissage. C’est ce qui permet de transformer des informations en savoirs utiles, c’est là que l’élève devient vraiment acteur de ce qu’il apprend et qu’il est capable d’aller au-delà de la répétition : il découvre enfin l’autonomie dans l’apprentissage. 

Jeune garçon en train de montrer avec le doigt un crayon de couleur pour travailler sa connaissance des couleurs et progresser dans ses apprentissages

Et c’est bien là tout l’objectif de l’école, non ? Ne pas réciter les notions comme un robot mais penser par soi-même. 

Apprendre efficacement, ce n’est pas une question de chance ou de talent inné. C’est un processus actif qui repose sur la mobilisation des bonnes stratégies d’apprentissage au bon moment. Comprendre, mémoriser, réfléchir : ces trois gestes mentaux ne sont pas séparés, mais bien complémentaires. Chacun permet d’activer des zones différentes du cerveau, et ensemble, ils transforment une simple leçon en savoir  sur le long terme. A condition d’activer les bons circuits neuronaux, notamment en passant par la verbalisation tout au long du processus d’apprentissage ! Une bonne stratégie d’apprentissage passe aussi par une synthèse visuelle et temporelle claire. Quand un élève ou un adulte apprend à se représenter une notion, à la voir dans sa tête ou à la dessiner tout en se parlant, il augmente considérablement ses chances de la comprendre et de la mémoriser. En revoyant mentalement une information mémorisée, il renforce sa trace dans la mémoire à long terme. À vous de jouer !

➡️ Tout ce qu’il faut savoir sur les différentes stratégies d’apprentissage

  • Une stratégie d’apprentissage, c’est un geste mental, pas une méthode pour mieux apprendre. 
  • Sans attention claire et ciblée, aucune stratégie ne fonctionne efficacement. Il faut travailler un pas après l’autre. 
  • Comprendre, ça passe aussi par se faire une image mentale ou dessiner ce qu’on apprend.
  • Mémoriser, ce n’est pas relire : c’est réactiver, associer et s’impliquer grâce à de nombreux petits jeux ludiques. 
  • Réfléchir, c’est aller plus loin : en créant du lien, en se posant les bonnes questions, en testant sa logique. 
  • Aucune stratégie n’est réellement efficace sans verbalisation.

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2 Commentaires

  1. sam aboubac
    26 février 2026

    Merci. c’est assez riche.

    Répondre
  2. […] ↪️ Pour aller plus loin : Les bonnes stratégies d’apprentissage à mettre en place […]

    Répondre

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