Dyslexie et apprentissage scolaire : aider son enfant à avancer

Dyslexie et apprentissage : comment accompagner son enfant pas à pas ?

La dyslexie et l’apprentissage sont fortement liés, et ça, on ne peut pas le nier. Une chose essentielle à retenir : un enfant avec une dyslexie n’est pas un enfant incapable, c’est un enfant qui attend qu’on lui donne les bons outils. Et ces outils existent ! Imaginez leur fierté quand ils réalisent qu’ils peuvent lire et comprendre, comme les autres élèves. Plusieurs experts soutiennent que la plupart des enfants dits dyslexiques ne le seraient pas réellement. Afin de mieux comprendre cette idée, il est important de se concentrer sur les méthodes pédagogiques utilisées : malheureusement certaines laisseraient de côté les fondamentaux de la lecture qui sont la conscience phonologique, le lien entre son et lettre, et un apprentissage explicite et structuré. À travers cet article, j’aimerais vous prouver une chose : les difficultés dues à la dyslexie ne sont pas une impasse !

Définition complète de la dyslexie pour mieux la comprendre

Officiellement appelée «trouble spécifique des apprentissages avec déficience en lecture», la dyslexie semble toucher de plus en plus de personnes, enfants comme adultes. 

Ce trouble affecte la capacité à lire et à écrire et il se manifeste par des difficultés à décoder les mots, à reconnaître les lettres ou à associer les sons avec les symboles écrits. Il impacte également la compréhension du texte lu. Mais les troubles dyslexiques peuvent également se présenter sous d’autres formes : des incapacités à suivre les consignes verbales, des problèmes de mémoire à court terme ou encore des difficultés pour organiser les idées qui se trouvent dans notre tête. 

Les recherches récentes¹ montrent que la dyslexie résulte d’une altération dans les circuits neuronaux impliqués dans le traitement phonologique, souvent situés dans l’hémisphère gauche du cerveau. Les interventions basées sur des approches multisensorielles et la remédiation phonologique se révèlent donc plus efficaces.

Colette Ouzilou, orthophoniste, explique dans son livre «Dyslexie, une vraie-fausse épidémie» que dans toute sa carrière, elle n’a réellement rencontré que très peu de « vrais dyslexiques ». Elle affirme que seuls 1 à 2 % des enfants dits dyslexiques le sont réellement, alors que de nombreuses statistiques évoquent des chiffres beaucoup plus élevés : entre 5 % et 15 %.

A l’instar de Colette Ouzilou et Ghislaine Wettstein-Badour, plusieurs spécialistes soutiennent l’idée que la majorité des difficultés en lecture proviennent d’un enseignement inadéquat, en particulier des méthodes de lecture semi-globales introduites dans les années 1960, et non pas de véritables troubles neurologiques. Il serait donc plus sage de vérifier que ce n’est pas l’échec de l’apprentissage qui est en cause (méthodes globales, semi-globales), notamment s’il n’y a pas eu de perturbation notoire jusqu’au moment de l’apprentissage (maternelle).

Jeune fille en train de regarder plein de lettres en plastiques disposées devant elle sur une table. Une pratique à éviter avec des enfants qui ne sont pas prêts à entrer dans la lecture

D’autre part, la culture hyper-intuitive (au sens de fonctionnement réflexe, rapide et non-analytique) de notre époque post-moderne explique également l’explosion des symptômes associés au trouble de la dyslexie. Une lecture rapide ne peut pas être efficace et ne peut qu’amener à des confusions de lettres, de mots, et rendre difficile l’accès au sens : d’ailleurs, j’en parle plus en détail dans mon article sur la fluence

Sur ce point, Elisabeth Nuyts-Vaillé donne l’explication suivante : « Les symptômes de la dyslexie sont la conséquence d’une intégration non consciente des apprentissages. Reconstruire les circuits conscients de l’apprentissage permet de diminuer les symptômes, voire d’écarter le diagnostic DYS. »

Le diagnostic de la dyslexie : par où ça commence ?

Souvent, le doute s’installe à la fin du CE1, un stade où la plupart des élèves savent lire et écrire de manière plus fluide. Si un enfant rencontre des difficultés plus importantes et que des signes de dyslexie sont observés, le corps enseignant peut le faire remonter aux parents. Mais parfois, ce sont les parents eux-mêmes qui le remarquent en premier. 

C’est à ce moment-là qu’un rendez-vous est pris chez un orthophoniste : c’est le spécialiste reconnu pour les troubles DYS. En observant attentivement l’enfant et en lui proposant des exercices adaptés en lecture et en écriture, l’orthophoniste peut établir un diagnostic précis. 

Plus le diagnostic est réalisé tôt, meilleure sera la prise en charge. Si le compte-rendu établit un diagnostic de trouble dyslexique, l’enfant sera accompagné et il pourra alors : 

  • Demander un PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) lui permettant d’avoir des aménagements spécifiques à l’école, et même durant les examens. 
  • Demander un dossier MDPH afin d’être accompagné par un AESH dans sa classe.

La dyslexie et l’apprentissage à l’école : quelles sont les difficultés des élèves

Les troubles DYS ont un impact significatif sur les apprentissages scolaires, et la dyslexie n’échappe pas à la règle ! Les enfants touchés par des troubles dyslexiques présentent plusieurs difficultés : 

  • Pour suivre le rythme scolaire : sans pause attentionnelle, le rythme imposé est souvent bien trop intense pour suivre. 
  • Pour lire et écrire de manière fluide : suivant le niveau scolaire, les demandes des enseignants sont de plus en plus précises, et un enfant avec une dyslexie ne peut suivre ce rythme. 
  • Des problèmes émotionnels : les difficultés scolaires d’un élève dans un groupe en classe peuvent apporter d’autres problématiques, comme le manque de confiance en soi, la frustration, et inévitablement du stress. 
  • Un retard dans les autres matières dû aux problématiques en lecture et écriture : s’il lui est difficile de lire une consigne, l’élève aura du mal à comprendre l’exercice demandé et ne répondra donc pas correctement, que ce soit en français, en mathématique, en histoire,etc.
  • Un manque de concentration et d’attention : l’élève mis en difficulté par le rythme intense, les évaluations, et les exercices, ainsi que par le regard de ses camarades peut présenter des difficultés d’attention. Ici encore, les pauses attentionnelles sont essentielles.
Enseignante en train d'expliquer des choses sur la lecture à ses élèves dans une ambiance joyeuse

Mais l’impact de la dyslexie se retrouve également en dehors des établissements scolaires. Les individus confrontés à une dyslexie rencontrent des difficultés au quotidien, comme pour lire une carte lors d’un déplacement, lire des panneaux de signalisation, suivre une recette de cuisine, etc.  C’est l’autonomie tout entière de la personne qui est touchée. Alors, comment agir en préventif sur la dyslexie ?

L’exposition précoce à la lecture : la clé pour lutter contre la dyslexie ?

Pour agir en préventif sur les troubles dyslexiques, il est essentiel de favoriser une exposition précoce à la lecture. En effet, l’influence de l’exposition précoce à la lecture sur la dyslexie est un sujet étudié dans plusieurs domaines, notamment la psychologie du développement, les neurosciences et l’éducation. D’ailleurs, Stanislas Dehaene, dans son livre «Les Neurones de la lecture» évoque l’importance de l’exposition précoce aux livres pour le développement des circuits neuronaux de la lecture, en particulier dans l’hémisphère gauche. S. Dehaene montre que la stimulation précoce aide à former les connexions cérébrales nécessaires pour la reconnaissance des lettres et des mots. Bien qu’il n’établit pas un lien direct avec la dyslexie, il explique que le manque d’exposition à la lecture dès le plus jeune âge peut retarder le développement de ces circuits, ce qui peut aggraver des prédispositions à la dyslexie. Intéressant, non ? 

De plus, des études menées dans le cadre du National Institute of Child Health and Human Development (NICHD) ont montré que les enfants ayant eu une exposition précoce à des activités autour des livres avec leurs parents (comme la lecture d’histoires) développent de meilleures compétences en lecture plus tard. Ces études concluent que l’environnement familial joue un rôle plus qu’important dans le développement des compétences phonologiques, un domaine dans lequel les enfants avec un trouble de la lecture sont souvent en difficulté.

L’expression «exposition précoce à la lecture» fait généralement référence aux interactions et activités liées à la lecture auxquelles un enfant est exposé dès les premières années de sa vie. Cette exposition peut inclure la lecture d’histoires par les parents, la familiarisation avec les livres, et les jeux autour des sons.

Très jeune enfant en train de regarder un livre sur les genoux de son parent avec beaucoup de curiosité

Voici quelques conseils pour favoriser cette exposition précoce à la lecture, selon l’âge de votre enfant :

  • entre 0 et 3 ans : lire des histoires aux enfants, les familiariser avec les livres sans images dans un premier temps, puis avec très peu de mots dans un second temps, et faire des jeux autour des sons (en ne disant que le son des lettres et pas leur nom). Inutile d’apprendre l’alphabet à cet âge, ce serait le desservir.
  • Entre 3 et 5 ans : lire beaucoup d’histoires, et de plus en plus longues (avec très peu d’images de préférence) pour développer de meilleures compétences phonologiques et lexicales, ainsi que l’orientation dans un livre et le sens de lecture (le parent utilise son doigt lors de la lecture). Éviter de faire «reconnaître» des mots aux enfants, car les mots ne sont pas des images ! Par exemple, le prénom : l’enfant n’est en mesure de le lire (ainsi que celui de ses camarades) qu’après avoir découvert le code alphabétique et la correspondance phonème-graphème.
  • Entre 5 et 7 ans : continuer sur cette lancée parallèlement à l’apprentissage explicite des bases de la lecture formelle et du code alphabétique.

 Il est très important de continuer de lire régulièrement, même quand l’enfant grandit. Peu importe qu’il ait 3, 7, 10 ou 12 ans : les temps de lecture partagées sont essentiels à tout âge. Déjà parce que ces moments de lecture améliorent nettement les facultés pour lire de tous les enfants, mais aussi parce qu’avoir un environnement riche et stimulant à l’intérieur même de la sphère familiale apporte de nombreux bienfaits. Un enfant qui voit ses parents lire au quotidien, ou à qui on lit des histoires de manière très régulière sera forcément attiré par les livres. Lire à plusieurs, c’est un temps d’échange pour partager, se parler, et renforcer les liens : des critères plus que fondamentaux pour les élèves dyslexiques.

Accompagner une personne avec une dyslexie dans ses apprentissages : mes conseils

Afin d’accompagner sérieusement un enfant dyslexique, il y a plusieurs méthodes que l’on peut mettre en place (en complément de séances avec un orthophoniste comme nous l’avons évoqué plus haut). Pour commencer, il s’agit de reprendre les bases et les principes d’un apprentissage efficace avec :

  • Le développement de la conscience phonologique (et donc des phonèmes)
  • L’enseignement explicite de la concordance entre les sons et les lettres

Ces deux compétences font souvent l’objet d’un enseignement inadapté et rapide dans l’ensemble de nos établissements scolaires. Par exemple, apprendre à découper les mots en syllabes ou faire des chasses aux sons sont des activités à éviter. Il est essentiel d’adopter des outils et des formations efficaces pour les développer correctement et solidement. Voici quelques pistes pour vous aider, que vous soyez enseignant, parent ou les deux !

➡️ Offrir un environnement familial riche et stimulant

Le rôle des parents, et plus globalement de l’environnement familial, est très important. Ils sont le pont entre l’école et la vie privée : travailler en collaboration avec les enseignants (et les spécialistes !) est essentiel afin de proposer des outils d’apprentissages efficaces. Sans dialogue, il est impossible d’avancer. Les parents sont également présents pour suivre la bonne évolution des différentes stratégies mises en place pour leur enfant qui est diagnostiqué “dyslexique” : les activités de la méthode RéEDUK’action ou des exercices MULTI’MOUV® sont tout à fait accessibles aux parents pour agir en complément d’éventuelles séances orthophoniques. Ce sont des activités ludiques de rééducation accessibles aux parents pour accompagner au mieux les troubles rencontrés. Des activités pratiquées trois ou quatre fois par semaine peuvent améliorer les facultés scolaires, voire permettre à l’enfant de sortir des critères de diagnostic.

En étant au côté de l’enfant pour gérer ses difficultés, cela renforce sa confiance en lui : il se sent soutenu. Il est très important de féliciter à chaque nouveau progrès. Et n’oubliez pas : patience, bienveillance et écoute sont les maîtres mots d’un accompagnement réussi.

➡️ La formation «Améliorer les compétences en lecture et sortir de la “dyslexie” avec la lecture 5P»

Ancien professeur au collège, j’ai de nombreuses fois été confronté aux difficultés de lecture et d’écriture auprès de mes élèves. Et je sais combien cela peut être parfois difficile à gérer à l’intérieur d’un groupe de classe afin de suivre le rythme de chacun correctement. 

Récemment, j’ai créé une formation pour accompagner toutes les personnes touchées par la dyslexie : « Améliorer les compétences de lecture et sortir de la “dyslexie” avec la lecture 5P ». 

À l’intérieur de ce programme, je vous donne des outils efficaces pour :

  • Muscler les compétences de lecture et l’accès à l’implicite, à tout âge 
  • Définir et utiliser les clés de la lecture consciente
  • identifier les étapes pour développer les compétences d’une lecture fluide et pleine de sens
  • Utiliser les clés de la lecture consciente en accompagnement individuel ou en groupe

Cette formation n’est pas réservée uniquement à ceux et celles qui ont des difficultés de lecture diagnostiquées. En effet, ces techniques permettent aussi de renforcer les facultés de lecture des personnes qui ont déjà bien construit leur apprentissage initial. Le résultat ? Une meilleure compréhension et un accès plus profond à l’implicite.

Jeune fille allongére sur un canapé en train de lire un livre avec beaucoup d'intérêt et de joie

Cette formation, pour qui est-elle ?

  • Les enseignants, les formateurs, les éducateurs
  • Les écoles (privées, associatives, hors contrat)
  • Les professionnels de l’accompagnement
  • Les parents

Une fois que le développement de la conscience phonologique et l’enseignement explicite de la concordance entre les sons et les lettres ont été retravaillés, le cerveau doit réapprendre à lire avec fluidité. Les clés de la lecture 5P seront alors l’outil principal pour redonner la faculté et le plaisir de lire.

Ce programme vous intéresse ? N’hésitez pas à me contacter, je réponds à toutes vos questions ! Ensemble, proposons un accompagnement différent autour des troubles dyslexiques.

➡️ Astuces pour accompagner les enfants dyslexiques au quotidien

Les personnes avec une dyslexie ressentent leurs difficultés au quotidien. Pour aider vos élèves ou votre enfant à avancer de manière plus sereine, voici quelques astuces qui peuvent être mises en place à l’école ou à la maison : 

  • Adapter son langage : un enfant n’est pas dyslexique, mais il a une dyslexie. Simple jeu de mot ou différence de taille à votre avis ?
  • Les guides de lecture : ils sont utiles pour aider l’enfant à se concentrer sur la phrase lors de la lecture. Vous pouvez le construire vous-même
  • Adapter la police d’écriture sur les documents que vous pouvez écrire sur ordinateur : il faudrait privilégier Arial, Verdana, Comic sans MS, Tahoma. 
  • Augmenter l’espace entre les lignes sur un document écrit sur ordinateur afin d’aérer le texte au maximum. Si vous proposez des polycopiés à vos élèves, c’est une bonne façon d’aider les DYS. 
  • Accorder plus de temps à l’enfant pour lui permettre de lire à voix haute en articulant bien, ce qui demande d’être à l’écoute et patient.
  • Limiter la lecture à certaines parties du texte et augmenter progressivement.
  • Ne pas lui demander de lire devant toute la classe s’il ne sent pas prêt (de manière générale, c’est une pratique que je déconseille fortement).

Les symptômes de la dyslexie ne font pas bon ménage avec les apprentissages scolaires. Pourtant, eux aussi, sont capables d’apprendre toutes les notions vues en classe, à condition qu’on leur propose des outils adaptés. Avec un bon accompagnement personnalisé, de l’écoute, de la patience et un environnement stimulant, tous les enfants, mêmes ceux diagnostiqués dyslexiques peuvent avancer sereinement dans leur parcours scolaire. Il suffit juste d’adapter nos méthodes.

➡️ Dyslexie et apprentissage scolaire : les points clés à ne pas manquer

  • La dyslexie est un trouble spécifique des apprentissages avec déficience en lecture
  • Les enfants avec une dyslexie ont besoin d’outils adaptés pour apprendre 
  • La dyslexie n’est pas une fatalité : l’accompagnement personnalisé est primordial et il est possible de sortir des symptômes de la “dyslexie” avec une bonne rééducation
  • Le diagnostic de la dyslexie se fait par un orthophoniste
  • Un dossier MDPH peut être déposé pour un accompagnement scolaire
  • Il existe de nombreux outils et formations pour accompagner les parents et enseignants qui gèrent des troubles dyslexiques dans leur classe ou à la maison.

 

¹ L’idée que la dyslexie résulte d’une altération dans les circuits neuronaux impliqués dans le traitement phonologique, souvent localisés dans l’hémisphère gauche du cerveau, est un concept bien établi dans la littérature scientifique (voir les travaux de Sally Shaywitz, Stanislas Dehaene).

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1 Commentaire

  1. […] À lire : Dyslexie et apprentissage, comment accompagner au mieux son enfant  […]

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