Comment le mouvement aide les enfants dyslexiques ?

Comment le mouvement aide les enfants dyslexiques ?

Certains enfants éprouvent beaucoup de difficultés à lire, à écrire et même à se concentrer. Parfois, on leur diagnostique une dyslexie. Mais rassurez-vous, c’est loin d’être une fatalité. Il existe de nombreuses alternatives pour accompagner les enfants avec bienveillance et pédagogie. Dans cet article, nous allons voir comment le mouvement aide les enfants dyslexiques à soulager leurs problématiques et surtout comment l’intégrer au quotidien.

Pourquoi le mouvement est essentiel pour les enfants dyslexiques ?

Lorsque l’on évoque la dyslexie, on pense immédiatement à la lecture, aux lettres, aux sons et aux difficultés qui les accompagnent. Pourtant, cela va bien plus loin : la dyslexie est un trouble spécifique des apprentissages lié à un fonctionnement différent de certains circuits du cerveau. Mais ces circuits ne fonctionnent pas seuls : ils sont étroitement liés au corps, au mouvement et aux expériences sensorielles.

Il existe un lien réel entre le corps, le cerveau et les apprentissages. Un enfant dyslexique peut être curieux et motivé, mais rencontrer quand même de grandes difficultés face à l’écrit et à la lecture. Pourquoi ? Parce que la lecture demande une coordination très fine entre plusieurs fonctions : le regard, la posture, la mémoire, l’attention et aussi le repérage dans l’espace.

C’est là que le mouvement entre en jeu car c’est un fait, bouger active le système nerveux dans son ensemble : le cerveau, bien sûr, mais aussi tous les nerfs qui permettent de coordonner les gestes et les sensations. Cette activation favorise la communication entre différentes zones du cerveau, ce qui rend les apprentissages plus efficaces.

Un enfant qui bouge, c’est un cerveau qui s’active, qui crée des connexions et qui devient plus disponible pour apprendre ! Le mouvement ne fait pas que «réveiller» le cerveau, il l’alimente aussi. L’activité physique augmente le flux sanguin, ce qui permet d’apporter plus d’oxygène et de nutriments au cerveau. Résultat : une meilleure concentration, une mémoire plus efficace et une meilleure capacité à comprendre 😉.

Bouger stimule également la production de neurotransmetteurs comme la dopamine, la sérotonine ou encore les endorphines. Derrière ces mots un peu techniques, il y a quelque chose de très concret : un enfant plus apaisé et plus disponible pour apprendre. Exactement ce dont un enfant dyslexique a besoin au quotidien ! 

Aujourd’hui, les recherches sont claires : le mouvement favorise la neuroplasticité, c’est-à-dire la capacité du cerveau à créer et renforcer des connexions neuronales. Et ces connexions sont essentielles pour automatiser la lecture, mémoriser les mots ou encore comprendre un texte.

Chez un enfant dyslexique, ces connexions peuvent être moins efficaces ou moins automatisées. C’est pourquoi les approches multisensorielles, qui font intervenir le corps, les sensations et le mouvement, sont particulièrement pertinentes.

En passant par le corps, l’enfant va pouvoir :

  • Mieux intégrer les informations
  • Renforcer ses repères (gauche/droite, orientation)
  • Améliorer sa coordination
  • Soutenir ses apprentissages de manière globale

C’est précisément sur cette base que s’appuient des méthodes comme Multi’Mouv®. L’idée est simple : intégrer le mouvement directement dans les apprentissages pour solliciter les bons circuits du cerveau.

Grâce à des exercices ludiques, comme la manipulation de sacs de sable ou le travail avec des balles, l’enfant mobilise à la fois :

  • Sa coordination
  • Ses sens (vue, toucher, ouïe)
  • Son équilibre
  • Sa concentration

Il existe de nombreuses façons d’accompagner les enfants dyslexiques au quotidien, et le mouvement en fait clairement partie ! 

Quelles difficultés peuvent être améliorées grâce au mouvement ?

Chez un enfant dyslexique, les difficultés ne se limitent pas à la lecture. Elles touchent souvent plusieurs domaines en même temps : la coordination, l’attention, la posture ou encore la gestion des émotions. C’est justement pour cela que le mouvement est un levier aussi intéressant : il agit de manière globale et permet d’améliorer plusieurs compétences en parallèle.

Une lecture moins fatigante pour les dyslexiques

Lire demande une coordination précise entre les yeux, le cerveau et même la posture du corps. Lorsqu’un enfant dyslexique lit, il doit fournir un effort important pour décoder les mots, ce qui peut entraîner des sauts de lignes, des inversions de lettres ou une lecture très lente. 

Le mouvement va venir soutenir cette coordination en renforçant les connexions entre les différentes zones du cerveau, notamment celles liées au traitement visuel et à l’organisation spatiale.

Par exemple, les exercices qui sollicitent le suivi visuel ou les mouvements croisés (main droite / côté gauche du corps) permettent d’activer simultanément les deux hémisphères du cerveau. Résultat : le regard devient plus stable, le repérage dans la page est plus précis, le croisement de la ligne médiane est amélioré (ce qui est nécessaire pour lire et écrire), et la lecture gagne en fluidité. L’enfant dépense moins d’énergie pour décoder, ce qui lui permet de mieux comprendre ce qu’il lit.

Maîtriser l’écriture chez les élèves dyslexiques

L’écriture est une activité complexe qui mobilise tout le corps. Pour écrire confortablement, l’enfant doit être stable, bien positionné et coordonné. Chez les enfants dyslexiques, ces bases peuvent être fragiles car leur posture est instable, il y a aussi de la crispation, parfois de la lenteur dans le geste, etc. 

Le mouvement va ici permettre de renforcer le tonus musculaire, d’améliorer l’équilibre et de développer la coordination globale.

Concrètement, des activités comme les jeux de balle, les parcours moteurs ou les exercices d’équilibre vont aider l’enfant à mieux sentir son corps dans l’espace. Cette conscience corporelle se répercute directement sur l’écriture : le geste devient plus souple et moins fatigant. L’enfant peut alors se concentrer davantage sur le contenu plutôt que sur l’effort physique que demande l’écriture.

Renforcer la concentration des enfants dyslexiques

Les enfants dyslexiques doivent souvent fournir plus d’efforts que les autres pour suivre le rythme scolaire, ce qui peut rapidement entraîner de la fatigue, de la frustration et une baisse de concentration, et du coup une confiance en soi perturbée. 

Le mouvement agit ici comme une véritable étincelle pour le cerveau. En bougeant, l’enfant augmente l’apport en oxygène et en nutriments au cerveau, ce qui améliore directement l’attention et la disponibilité mentale.

Comme nous l’avons vu plus haut, le mouvement stimule aussi la production de neurotransmetteurs comme la dopamine et la sérotonine, qui jouent un rôle clé dans la motivation, l’humeur et la gestion du stress. L’enfant va alors se sentir plus apaisé et plus confiant. Il apprend alors dans un contexte positif, sans pression, ce qui favorise nettement sa progression.

Comment intégrer le mouvement au quotidien pour aider un enfant dyslexique ?

Bonne nouvelle : il n’est pas nécessaire de tout révolutionner pour aider un enfant dyslexique grâce au mouvement 😉. L’objectif n’est pas d’ajouter des exercices en plus, mais d’intégrer le mouvement dans ce qui existe déjà. En changeant simplement la manière d’apprendre, on rend les activités plus efficaces et souvent beaucoup plus agréables.

À la maison : apprendre en bougeant au quotidien

À la maison, le mouvement peut facilement s’intégrer dans les devoirs ou les moments d’apprentissage. Plutôt que de rester assis longtemps face à une feuille, l’enfant peut mobiliser son corps pour mieux comprendre et mémoriser.

Par exemple, réciter une leçon en marchant permet d’activer la mémoire et de maintenir l’attention plus longtemps. Le fait de bouger stimule le cerveau, améliore l’oxygénation et facilite la mémorisation. De la même manière, lire debout ou sur un support incliné peut aider à garder une posture plus dynamique et limiter la fatigue.

Quelques idées simples à mettre en place à la maison :

  • Réciter une poésie ou une leçon en marchant ou en tapant dans les mains en rythme
  • Lire debout ou sur une planche d’équilibre pour engager le corps
  • Lancer une balle en épelant un mot (une lettre = un lancer)
  • Associer des gestes à des sons ou à des mots pour faciliter la mémorisation
  • Créer un petit parcours (marcher, sauter, tourner) avec une consigne à chaque étape
  • Utiliser des cartes ou objets à manipuler pour apprendre (mots, syllabes, chiffres)

Ces activités permettent de mobiliser plusieurs sens à la fois (vue, toucher, mouvement), ce qui renforce les connexions dans le cerveau. L’enfant apprend sans rester figé, ce qui réduit la fatigue et favorise aussi l’engagement.

Prête à tester avec votre enfant ? 

En classe : remettre le corps au service des apprentissages

À l’école, le principal défi est souvent le temps passé assis. Pour un enfant dyslexique, cela peut vite devenir un frein à l’attention et à la compréhension. Intégrer du mouvement ne signifie pas perturber la classe, mais proposer des temps courts et efficaces avec du dynamisme. 

Par exemple, les pauses actives sont très utiles pour relancer la concentration. Quelques minutes de mouvements suffisent pour réactiver le cerveau ! 

Voici quelques pistes concrètes pour intégrer le mouvement en classe :

  • Mettre en place des pauses attentionnelles avec des mouvements simples (croisés, étirements, coordination)
  • Transformer un exercice en activité dynamique (aller chercher une réponse, se déplacer pour associer des mots)
  • Lire à voix haute en se déplaçant ou en changeant de position
  • Proposer des ateliers avec manipulation (cartes, objets, jeux)
  • Utiliser des jeux de coordination (balles, gestes rythmés) pour travailler la mémoire et l’attention
  • Introduire des défis en mouvement pour maintenir l’engagement des élèves
  • Permettre aux élèves de se lever pour aller aux toilettes pendant le cours. 

Ces adaptations permettent de maintenir l’attention plus longtemps et d’impliquer davantage les élèves dans leurs apprentissages, qu’ils soient dyslexiques ou non !


Comme on peut le voir, le mouvement joue un rôle bien plus important qu’on ne l’imagine dans les apprentissages des enfants dyslexiques. Il ne s’agit pas simplement de se défouler ou de faire une pause, mais bien d’un véritable levier pour soutenir le fonctionnement du cerveau, améliorer la lecture, l’écriture et renforcer la concentration. En redonnant une place au corps dans les apprentissages, on permet à l’enfant de mobiliser toutes ses ressources. Il ne subit plus les difficultés : il devient acteur de ce qu’il apprend ! 

➡️ Comment le mouvement aide les enfants dyslexiques : tout ce qu’il faut savoir

 

  • La dyslexie est liée à un fonctionnement particulier de certains circuits cérébraux. Le mouvement vient stimuler ces connexions, améliorer la communication entre les zones du cerveau et favoriser la neuroplasticité. 
  • Grâce au mouvement, l’enfant développe sa coordination, son repérage spatial et sa posture. 
  • Le mouvement ne demande pas de tout changer : il s’intègre facilement à la maison comme à l’école (marcher en récitant, manipuler, faire des pauses actives, etc.)

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