Alimentation et concentration

Réussite scolaire : les aliments à éviter pour le cerveau

Avec Pédago’Vie, je vous invite depuis le début à tester plusieurs méthodes pour améliorer la communication avec votre enfant, mais aussi lui donner toutes les clés pour réussir au niveau scolaire et professionnel. Pourtant, cela ne veut pas dire que les difficultés d’apprentissage n’existent plus. Est-ce que les méthodes sont le seul facteur à prendre en compte pour aider les plus jeunes à évoluer ? Est-ce que les écrans sont les seuls obstacles à l’apprentissage ? Pas certain. Dans cet article, je vous partage mon avis sur la corrélation entre difficultés scolaires et alimentation en vous présentant les aliments à éviter pour le cerveau. Prêt(e)s à revoir vos fringales alimentaires ?

À quoi sont liées les difficultés d’apprentissage ?

Ce serait se voiler la face de penser qu’il suffit d’adopter les bons outils pédagogiques pour apprendre plus facilement. Depuis plusieurs années, nous assistons à une explosion des difficultés et troubles d’apprentissage. Et les causes sont évidemment multifactorielles. Il nous faut adopter une approche holistique de l’apprentissage. Il a été montré que la courbe du QI s’est inversée pour la première fois dans l’histoire de l’humanité. Depuis quelques décennies, nous constatons que cette courbe du QI descend et les spécialistes parlent d’une augmentation inquiétante du crétinisme. Les causes évoquées sont, une fois de plus, multifactorielles : les pesticides notamment, ainsi que les nombreux produits qui envahissent nos maisons et vêtements. On pourrait parler aussi des écrans et de leur effet sur le cerveau. Mais ce ne sont pas les seuls responsables. L’alimentation a sérieusement son rôle à jouer dans l’apprentissage et il est essentiel de ré-apprendre à bien manger.

enfant qui regarde un livre dans une grande pièce avec beaucoup de livres

Quels sont les facteurs indispensables à l’apprentissage ?

Pour comprendre le lien entre l’alimentation et l’apprentissage, je vous présente les “ingrédients” essentiels pour une instruction parfaite : 

  • Pas de surprise pour l’ingrédient n° 1, il s’agit du cerveau. Mais pour être plus précis, il faut plutôt dire que l’apprentissage est d’abord une question de connexions neuronales. À chaque fois que j’apprends quelque chose, des connexions neuronales se forment et tout se joue ainsi dans ce qu’on appelle les synapses. On peut donc en tirer la conclusion suivante : pour permettre à un enfant d’apprendre, il faut mettre en place un environnement favorable à la création de ces connexions neuronales. Il faut prendre soin des synapses !
  • Le 2e ingrédient, c’est l’attention. Car c’est la capacité d’attention qui permet la concentration. Être attentif, c’est avant tout faire preuve de contrôle inhibiteur. Pour l’expliquer très simplement, je dirais que ce contrôle inhibiteur permet de ne pas se laisser perturber par une mouche qui passe, par le voisin ou le petit frère qui éternue, ou qui se balance sur sa chaise ! Donc pour permettre à un enfant d’apprendre, il faut lui donner les moyens de développer ce fameux contrôle inhibiteur.
  • Enfin, le troisième ingrédient de l’apprentissage, c’est le sommeil. Les neurosciences ont démontré l’importance du sommeil dans ce qui est appelé la consolidation des apprentissages. Apprendre c’est bien, mais consolider ce que j’ai appris, c’est mieux ! Et le sommeil va jouer un rôle important dans cette étape. Alors, pour permettre à un enfant d’apprendre, il faut lui donner le moyen de bien dormir.

Ces « ingrédients », il faut savoir en prendre soin, et pour cela il faut regarder de plus près notre alimentation.

En quoi l’alimentation a un rôle à jouer dans l’apprentissage ?

Pour illustrer mes propos, je vais vous donner l’exemple d’une étude américaine menée sur un million d’écoliers new-yorkais. Il a été trouvé que lorsqu’on sert des repas avec plus de fruits et de légumes, les résultats scolaires sont améliorés en moyenne de 15 %. Incroyable, non ? 

Difficultés de concentration, de mémorisation, hyperactivité passagère, insomnie : il se pourrait que la solution se trouve dans nos assiettes. Eh oui, ce n’est plus un secret, ce que nous mangeons a un impact direct sur notre santé et sur notre cerveau, et donc sur notre apprentissage. Sur Pédago’Vie et sur les réseaux sociaux, j’ai de nombreuses fois mentionné les facteurs essentiels pour un bon apprentissage 

Mais ce ne sont pas les seuls. L’alimentation a un rôle essentiel dans la réussite scolaire de nos enfants et dans l’amélioration de leurs facultés cognitives. En effet, consommer des aliments sains et manger des menus équilibrés contribuent fortement à une meilleure concentration. Par exemple, une carence en fer ou en vitamine influe fortement sur la fatigue et les capacités intellectuelles. Il est donc essentiel de prendre le temps de choisir les bons aliments, mais surtout de prendre le temps de cuisiner. C’est valable aussi pour les en-cas : mettez de côté les sucres rapides et privilégiez les produits bruts.

Quels sont les aliments à éviter pour favoriser l’apprentissage ?

Nous avons pu observer que les facteurs indispensables à l’apprentissage sont à portée de main : 

  • Du sommeil
  • Une bonne alimentation
  • Développement du contrôle inhibiteur pour l’attention
  • Un environnement favorable pour booster le cerveau

Concernant l’alimentation, il est important de faire attention aux ingrédients de façon très sérieuse. En effet, ce sont les mauvais ingrédients qui viennent enrayer le bon processus de l’apprentissage. Outre le fait qu’ils soient nocifs pour la santé physique, ils le sont également pour le cerveau.

Le sucre : l’ennemi de notre cerveau

Ici, je vais vous parler du sucre raffiné, issu en France à 92 % de la betterave. Il est la bête noire de tous les processus d’apprentissage, en plus d’être mauvais pour l’organisme. Vous l’aurez compris, je ne suis pas ami avec le sucre raffiné 😅. 

Pour vous expliquer mon propos en détail, j’aimerais vous citer quelques études et expériences scientifiques récentes :

  • Au canton de New York, une étude menée sur 800 milles élèves, dans 803 écoles, sur 4 ans, a montré que partout où l’on a fait supprimer le sucre blanc et les farines blanches aux enfants, on a obtenu rapidement 50 % de violence en moins et 80 % 7 mois après.
  •  En 2012, le Dr Gomez-Pinilla, à Los Angeles, a mené une étude sur des souris en leur donnant beaucoup de sucre. Ils ont observé que le fonctionnement du cerveau était ralenti, et notamment la zone de la mémoire était atteinte. Le sucre avait abîmé les synapses des souris.
  • Au CNRS, en 2015, des rats accros à la cocaïne ont notamment préféré consommer une simple boisson sucrée plutôt que de prendre leur drogue habituelle. Conclusion : le sucre agit sur le cerveau comme une drogue dure.
  • 2,2 : c’est le nombre de kilos de sucre consommé en moyenne par an et par personne… mais ça, c’était il y a 100 ans. Aujourd’hui, en France, nous consommons en moyenne 35 kg de sucre par an et par personne, soit 15 kg de plus que la moyenne mondiale et 10 kg de plus que la quantité recommandée par l’OMS.

Alors voilà, il n’y a plus de doute, nous consommons beaucoup trop de sucre, et ce sucre est une bombe pour le cerveau de nos enfants et de tout être vivant sur cette terre !

cuillère avec du sucre versé dans un pot à sucre

Les additifs : un produit nocif pour la santé

Les additifs sont des produits ajoutés aux denrées alimentaires destinées à l’alimentation humaine et/ou animale. Il en existe plusieurs catégories, dont les célèbres colorants, les conservateurs, les antioxydants et les émulsifiants. Comme à mon habitude, j’aime vous illustrer ces faits afin que vous compreniez mieux le problème : 

Dans une école en Australie, une expérimentation a été menée pendant 15 jours.

Il était question de supprimer tous les additifs présents dans l’alimentation. Pendant 15 jours, tout le monde a joué le jeu : les parents, l’école (pour les repas à la cantine et les goûters), et les familles. Au bout d’une semaine à peine, la direction, les enseignants et les parents ont constaté une concentration meilleure en classe et à la maison, des relations plus paisibles, des enfants plus calmes et moins agressifs. L’exemple est plutôt parlant, vous ne trouvez pas ? 

Concentrons-nous sur deux additifs bien connus : les colorants et le E621 (également appelé glutamate monosodique). Les colorants sont des additifs très utilisés dans l’alimentation industrielle. La nutritionniste Corinne Gouget a lancé l’alerte il y a déjà une quinzaine d’années sur les dangers de ces additifs.

Qu’il s’agisse des colorants, ou du E621, un exhausteur de goût qui peut se cacher sous une trentaine de noms différents, ces additifs ont tous un effet sur le cerveau. On parle alors de neurotoxicité. Les risques les plus reconnus sont notamment : l’insomnie, l’hyperactivité, les cancers. Le problème, c’est que plus l’enfant est jeune, plus il est exposé aux méfaits de ces produits. De plus en plus d’études démontrent les conséquences sur l’apprentissage, notamment sur la mémoire, la concentration et bien sûr la santé. Il est donc temps de réapprendre à bien lire les étiquettes de nos produits et de boycotter ces aliments de notre régime alimentaire. C’est notre cerveau qui va être content !

Comment réagissent les enfants avec les additifs ?

De nombreux produits sont fabriqués à base d’additifs, malheureusement pour notre organisme. Mais quels effets concrets cela apporte à notre organisme ? Nous avons pu voir que ces ingrédients nocifs agissent négativement sur la concentration et la mémoire. Malgré moi, j’ai pu observer les résultats sur certains de mes élèves. Imaginez une journée ordinaire de professeur de français au collège : 

« La sonnerie venait de retentir, l’heure de cours s’était bien déroulée, mes élèves avaient bien travaillé. Ils partent en récréation et j’en vois un qui sort avec un paquet de chips Pringles. Au retour de la récréation, tout le monde se remet au travail. Mais au bout d’une vingtaine de minutes, mon élève “Pringles” commence à s’agiter, il n’est plus concentré. Le changement est flagrant et assez soudain. »

Il faut environ 20 minutes pour que certains additifs, comme le E621 très présent dans ces chips Pringles, fassent effet sur le cerveau.

bol coloré avec des chips à l'intérieur

Pour le sucre, sachez que 74 % des plats cuisinés contiennent du sucre ajouté.

Et la plupart des plats cuisinés, des condiments, des aromates, des boissons chocolatées et des céréales contiennent des additifs. Une astuce pratique : tout produit portant la mention « goût quelque chose » ou « aromatisé quelque chose » est un produit contenant des additifs neurotoxiques. Faut-il prendre peur ? Non ! Mais, en tant que pédagogue, soucieux de la réussite scolaire de vos enfants, je vous encourage à vous informer sur cette question et à regarder d’un peu plus près ce qui se trouve dans vos assiettes.

Bien manger, c’est important. Que ce soit pour son corps, sa santé et son mental, il est primordial de choisir une bonne alimentation. Les aliments agissent sur le cerveau, en bien ou en mal. Alors, en lisant cet article sur les aliments à éviter pour le cerveau de vos enfants, j’espère que vous aurez découvert une piste intéressante à creuser pour améliorer l’apprentissage de vos enfants et leur donner toutes les clés pour réussir leur parcours scolaire et professionnel. Et n’oubliez pas : il est aussi essentiel de boire de l’eau et de bouger !

Sources : 

¹ A propos de la courbe du QI : https://www.lemonde.fr/pollution/article/2016/06/20/le-cerveau-assiege_4953797_1652666.html

² A propos de l’étude à New-York : à défaut d’avoir retrouvé la source de cette étude, je vous mets le lien d’une autre étude, canadienne : https://www.lepoint.fr/sante/le-fast-food-mene-tout-droit-a-l-echec-scolaire-30-12-2014-1893162_40.php#11

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2 Commentaires

  1. boehe
    20 octobre 2025

    Merci pour cet article et pour les références scientifiques, ça confirme ce que je pense aussi , car quand j’ai échangé avec une animatrice d’atelier alimrelatif à l’alimentation elle me dit qu’il peut y avoir de lien mais pas sûre.

    Répondre
    1. Guillaume Bousquet
      26 octobre 2025

      Merci pour votre commentaire. Oui, c’est évident qu’il y a un lien. A la fin de la conférence animée au festival Out of the Books, début octobre, une nutritionniste est venue me voir pour me remercier de mon travail. Elle avait même appris des choses !

      Répondre

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