Devoirs du soir : comment éviter les conflits avec les enfants ?
Votre enfant est rentré de l’école et il est temps qu’il se mette à faire ses devoirs. Ce moment, qui pourrait être l’occasion d’un temps de qualité avec son enfant, devient souvent conflictuel. Il n’a pas envie et il est fatigué de sa journée d’école. De votre côté, vous n’arrivez plus à avoir de la patience et vous êtes également épuisé de votre journée de travail. Et si vous commenciez par lâcher prise ? Il existe plusieurs astuces pour que les devoirs du soir ne soient plus une source de conflit ! Pédago’Vie vous donne quelques conseils afin de passer un moment de qualité avec votre enfant, même pendant les devoirs à la maison.
Comment accueillir son enfant après sa journée d’école ?
À la fin d’une journée d’école, votre enfant revient généralement avec beaucoup de choses en tête : une dispute avec la copine, la réprimande d’un enseignant, une mauvaise note, un cahier oublié, etc. En fait, votre enfant revient souvent avec des émotions. Certaines sont plutôt confortables, ce sont d’ailleurs celles qui sont plus facilement exprimées : satisfaction, fierté, joie, émerveillement. Mais d’autres sont plus inconfortables : déceptions, frustrations, colère, tristesse. Elles sont rarement conscientes et partagées. Mais que faire de toutes ces émotions ?
▶️ Première option : c'est peut-être plus simple de faire abstraction des émotions
Vous pouvez considérer que votre enfant doit apprendre à passer par-dessus ses émotions et ne pas y prêter attention : “Ne te laisse pas atteindre par tout ça !” Chez certains enfants, ça fonctionne. Ils ravalent leurs émotions et les ressentis physiques associés afin de suivre la voie proposée par le parent. Le temps de travail se fait dans une certaine tension intérieure, à peine perceptible, que l’enfant va apprendre à ignorer. Les messages du même ordre adressés par le parent se transformeront petit à petit en une injonction inconsciente (sois fort mon fils, ma fille). Or ce qui ne s’exprime pas s’imprime ! Vous comprenez ainsi que cette option n’est pas souhaitable.
Pour d’autres enfants, mettre un couvercle sur les émotions ne fonctionne pas du tout et vous vous exposez très certainement à un temps de travail conflictuel. C’est plutôt bon signe : votre enfant a besoin de faire quelque chose de ses émotions pour se mettre au travail ! Vous-même adulte, vous avez certainement connu des situations où il n’était pas possible de travailler à cause d’une émotion trop forte. Il est vrai que le déroulement d’une journée d’école est générateur de stress. Et le stress va bien souvent déclencher un processus de défense primitif et universel qui se décline en 3 réactions possibles :
- Le combat
- La fuite
- L’immobilité
Quelle que soit la réaction, il ne sera pas simple de travailler dans cet état et l’enfant trouvera difficilement de la motivation pour faire ses devoirs.
▶️ Deuxième option : vous prenez le temps d’écouter votre enfant
Vous considérez cette réalité émotionnelle et, pour commencer, avant de parler devoirs, notes, ou autres sujets délicats, vous prenez le temps de connecter avec votre enfant, c’est-à-dire d’établir avec lui un lien de confiance. Il y a de grandes chances que la situation soit beaucoup plus douce si votre enfant se sent écouté, et entendu. Ainsi que le dit Jane Nelsen¹ : «On fait mieux quand on se sent mieux».
Les neurosciences ont montré que ce qui caractérise d’abord l’enfant, c’est qu’il est un être social. Donc il a besoin d’autrui pour se réaliser, il a besoin de vous ! Dans la nature humaine, il y a ce sentiment de communion et de solidarité. Si vous voulez favoriser l’apprentissage de votre enfant, vous devez établir avec lui un lien social. C’est valable autant pour les parents que pour les enseignants.
L’objectif : réussir à connecter avec son enfant. Pour cela, il doit se sentir écouté et respecté.
On peut parier que votre fils ou votre fille sera plus détendu et ainsi plus apte à passer par la case “devoirs du soir” !
Comment apaiser son enfant avant les devoirs du soir ?
A peine rentré de l’école, si votre enfant vous entend demander « Tu as des devoirs ? Tu as eu des notes aujourd’hui ? », il y a peu de chance que ça le motive pour la suite. Ces questions intrusives, c’est la meilleure façon de créer un climat négatif. Apprendre à connecter avec son enfant, c’est d’abord l’accueillir comme il est, avec ses émotions, et ne pas réduire l’intérêt que vous lui portez à ses performances scolaires.
Prendre le temps de communiquer au sein de sa famille, c’est essentiel. Pour vous aider à avancer, voici quelques conseils que vous pouvez mettre en action pour améliorer la relation avec votre enfant :
- Tout d’abord, initier un contact physique avec lui : le prendre dans vos bras (un gros hug), ou simplement un bras autour de ses épaules, ou une main sur son bras, passer une main dans ses cheveux ; bref un contact physique qui lui correspond. Pour certains enfants, cette étape va faire une grosse différence dans le lien de confiance. Pour d’autres, ce langage² n’aura pas beaucoup d’effet, voire pourra les déranger. Le conseil suivant pourrait davantage leur correspondre…
- Ensuite, on peut avoir préparé une petite attention pour lui : un verre d’eau, un goûter. Pas besoin de préparer son gâteau préféré à chaque fois évidemment !
- Par ailleurs, le regard que vous aurez sur lui sera aussi déterminant. Si votre enfant vous raconte un événement pas très positif de sa journée, veiller à avoir un regard qui ne juge pas. Un regard bienveillant va l’aider à poursuivre son récit et à se confier à vous.
- Enfin, vous l’avez compris, être disponible pour lui. S’asseoir quelques minutes à côté de lui, dans la pièce où il se trouve. Même sans parler. Ou alors, c’est vous qui lui racontez une courte anecdote de votre journée.
Remarquez que toutes ses astuces ne nécessitent quasiment pas de parler. Parce que 90 % de la communication est non-verbale.
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Comment faire comprendre à son enfant l’importance des devoirs à la maison ?
Le manque de motivation est souvent très important chez les enfants. Ce problème provient d’un manque de sens : quelle est l’utilité du travail à la maison alors que nous avons déjà passé la journée en classe ! A quoi ça sert ? Est-ce que c’est une obligation ? Et que se passe-t-il si on ne les fait pas ?
▶️ Identifier les responsabilités pour les devoirs
La première piste consiste à faire prendre conscience à l’enfant que le travail qu’il doit faire, ce n’est pas le parent qui le demande. « Je ne suis pas à l’origine de ce temps des devoirs. Ce n’est pas mon exigence ! ».
En effet, c’est bien l’enseignant qui met en place les devoirs à la maison pour revoir les apprentissages de la journée. C’est en fait le système scolaire qui demande que ce travail soit fait. Qu’il s’agisse d’une instruction à la maison ou à l’école, il s’agit bien d’une loi à laquelle le parent est contraint d’obéir, avec l’enfant. L’objectif n’est pas de faire peur à l’enfant en lui parlant des textes de loi et de l’obligation parentale, mais bien de mettre des mots sur cette réalité.
Ainsi le parent n’est plus celui qui impose le travail, mais il est là pour accompagner l’enfant et l’aider à respecter ce fonctionnement.
▶️ Donner du sens et mettre en perspective le travail à faire
La seconde piste est de mettre en perspective ce temps des devoirs. Qu’est-ce que cela va lui apporter au niveau de ses connaissances ? De sa prise d’autonomie ? De sa réussite ?
D’abord, il est pertinent d’expliquer à l’enfant comment fonctionne le cerveau : c’est comme dans un forêt, si l’on marche à un endroit, on crée un passage. Si on y repasse régulièrement, ça devient un sentier. Alors que si on n’y revient pas, le chemin disparaît et personne ne saura que quelqu’un est passé par là. En classe, quand l’enfant découvre une notion, des connexions se créent dans le cerveau. Faire ses devoirs, c’est repasser aux endroits où il y a eu un premier passage, c’est faire que les petits sentiers deviennent plus gros. Pour se souvenir mieux et plus longtemps, il est important de faire ses devoirs.
Puis vous pourrez également dire à votre enfant qu’un jour, il sera autonome et il s’organisera comme il voudra pour faire ses devoirs, ou même plus tard, pour faire son travail professionnel. Prenez le temps de lui expliquer tout cela. Les enfants sont aptes à comprendre les explications et les conseils. N’ayez crainte : parlez-en !
Ainsi, vous placez l’enfant dans une perspective sécurisante : « Je suis là tant que tu auras besoin de moi ; et quand tu sauras faire seul et bien, alors ce ne sera plus nécessaire que je sois à tes côtés, tu seras autonome ». La communication verbale (et non-verbale) est vraiment l’alliée idéale pour détendre des situations conflictuelles. Vous pouvez donc l’utiliser quotidiennement pour ramener un climat calme et rassurant à l’intérieur de votre sphère familiale.
Devoir du soir : comment éviter les conflits avec les enfants ? C’est une question récurrente pour de nombreux parents ! À travers cet article, vous avez pu trouver des pistes pour avancer sereinement dans la communication avec votre enfant en étant plus à l’écoute. N’oubliez pas qu’il est important de prendre du temps pour discuter avec lui, en écoutant ses émotions et en verbalisant votre ressenti. Si vous souhaitez avoir plus de clés pour avancer, il est également possible de vous former afin de tester de nouvelles visions de l’apprentissage et ainsi avancer pas à pas avec votre enfant.
Sources :
¹Jane Nelson a créé la Discipline Positive® à partir des travaux du psychiatre autrichien Alfred Adler.
²Pour aller plus loin sur ces langages pour connecter et exprimer votre amour envers votre enfant : Les langages de l’amour, de Gary Chapman
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29 janvier 2026
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